L’indice de référence des loyers, ou IRL, encadre la révision annuelle d’un loyer d’habitation. Pour un propriétaire, il fixe la hausse maximale autorisée. Pour un locataire, il permet de vérifier qu’une augmentation respecte bien le bail et l’indice officiel publié par l’INSEE.
À quoi sert l’indice de référence des loyers dans un bail ?
L’IRL sert à réviser les loyers des logements loués comme résidence principale, qu’il s’agisse d’un logement vide ou meublé. Son objectif est simple : encadrer l’évolution du loyer avec un repère officiel, plutôt que laisser place à une augmentation libre.
Depuis la loi n° 2008-111 du 8 février 2008, l’indice de référence des loyers est la base obligatoire de la révision des loyers pour les baux d’habitation concernés. Il remplace les anciennes formes d’indexation et limite la hausse à l’évolution d’un indicateur officiel.
Un plafond, pas une obligation d’augmenter
L’IRL fixe un maximum. Si le bail prévoit une clause de révision annuelle, le bailleur peut appliquer la variation de l’indice, mais il n’est pas obligé de le faire. Il peut aussi choisir une hausse plus faible ou ne pas réviser le loyer.
À l’inverse, sans clause de révision dans le bail, l’IRL ne permet pas d’augmenter automatiquement le loyer. La présence de cette clause est donc le premier point à vérifier avant tout calcul.
Le trimestre de référence compte autant que l’indice
La révision se fait avec le trimestre indiqué dans le contrat de location. Si le bail mentionne le 2e trimestre, il faut comparer l’IRL du 2e trimestre de l’année en cours avec celui du 2e trimestre de l’année précédente. À défaut de précision dans le bail, on retient généralement le dernier indice publié à la date de signature du contrat.
Cette règle évite de choisir un indice plus favorable au dernier moment. Elle donne au locataire comme au bailleur une base stable et vérifiable.
Comment l’IRL est calculé et où trouver le dernier indice ?
L’indice de référence des loyers est calculé par l’INSEE chaque trimestre. Sa base 100 est fixée au 4e trimestre 1998. Il repose sur la moyenne de l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers sur les 12 derniers mois.
Cette méthode a une conséquence importante : l’IRL ne reprend pas l’inflation brute de tous les postes du quotidien, et il n’intègre pas directement les loyers eux-mêmes. Il mesure une évolution encadrée, conçue pour servir de repère aux contrats de location.
Le dernier chiffre à connaître
Selon le tableau de l’ANIL, l’IRL du 4e trimestre 2025 est de 145,78, publié le 16 janvier 2026. La hausse indiquée entre le 4e trimestre 2024 et le 4e trimestre 2025 est de +0,79 %.
Pour un repère antérieur, l’IRL du 1er trimestre 2023 était de 138,61, publié le 14 avril 2023. PAP indique aussi une augmentation de 38,61 % depuis la base 100 du 4e trimestre 1998.
| Repère | Valeur | Utilité pratique |
|---|---|---|
| Base de l’indice | 100 au 4e trimestre 1998 | Point de départ statistique de l’IRL |
| 1er trimestre 2023 | 138,61 | Exemple d’indice récent pour comparer une évolution |
| 4e trimestre 2025 | 145,78 | Dernier indice mentionné dans le tableau ANIL |
| Variation 4e trimestre 2024 à 2025 | +0,79 % | Hausse maximale pour les baux utilisant ce trimestre |
Pour vérifier un indice avant d’appliquer une révision, les ressources les plus fiables restent les publications de l’INSEE et le tableau de l’IRL de l’ANIL. Ces références évitent les erreurs liées à des tableaux non actualisés.
Calculer la révision d’un loyer avec l’IRL
La formule de révision est la suivante : nouveau loyer = loyer actuel x nouvel IRL / ancien IRL. Le nouvel IRL correspond au trimestre applicable pour l’année de révision, et l’ancien IRL correspond au même trimestre de l’année précédente.
Tableau officiel de l’Indice de Référence des Loyers (IRL), Consultez l’historique complet et les valeurs actualisées de l’IRL pour calculer ou réviser vos loyers en toute conformité.
Exemple concret de calcul
Imaginons un loyer mensuel hors charges de 800 euros, révisable sur la base du 4e trimestre. Si l’IRL applicable passe à 145,78 et que l’indice du même trimestre l’année précédente permet une variation de +0,79 %, le nouveau loyer ne peut pas dépasser 806,32 euros hors charges.
Le calcul peut se faire de deux façons. Soit on applique directement la formule avec les deux indices, soit on applique la variation connue : 800 euros x 1,0079 = 806,32 euros. Dans les deux cas, les charges locatives ne doivent pas être mélangées au loyer de base : l’IRL s’applique au loyer hors charges.
Les vérifications à faire avant d’envoyer ou d’accepter une hausse
- Vérifier que le bail contient bien une clause de révision annuelle.
- Identifier la date anniversaire du bail ou la date prévue pour la révision.
- Retrouver le trimestre de référence indiqué dans le contrat.
- Comparer le même trimestre sur deux années consécutives.
- Calculer la hausse sur le loyer hors charges, jamais sur le total charges comprises.
L’IRL joue un rôle de régulation très concret. Il n’empêche pas la variation du loyer, mais il la borne avec une règle simple et vérifiable. Le bailleur garde une indexation liée à l’évolution générale des prix, tandis que le locataire peut anticiper la hausse au lieu de la découvrir sans repère. Dans la pratique, cette méthode rend le calcul plus lisible et limite les contestations.
Les cas où l’IRL ne s’applique pas comme prévu
L’indice de référence des loyers concerne les baux d’habitation classiques, mais plusieurs situations demandent une attention particulière. Dans ces cas, la révision peut être impossible, encadrée par un autre régime ou limitée par une règle spécifique.
Absence de clause, bail mobilité et logements très énergivores
Sans clause de révision dans le bail, le loyer ne peut pas être augmenté chaque année sur la seule base de l’IRL. Le bail mobilité, plus court par nature et conclu pour une durée limitée, ne fonctionne pas comme un bail d’habitation classique renouvelable avec révision annuelle.
Autre point important : les logements classés F ou G au DPE font l’objet de restrictions sur les hausses de loyer. Pour ces logements énergivores, la révision annuelle peut être bloquée même si une clause existe. Avant d’appliquer l’indice, il faut donc vérifier la classe énergétique du logement.
Logements soumis à des régimes particuliers
Les logements loi 1948, certains logements conventionnés Anah ou des logements relevant du parc social peuvent obéir à des règles propres. L’IRL peut ne pas être la référence principale, ou ne s’appliquer que dans un cadre précis.
Dans les villes où l’encadrement des loyers existe, il ne faut pas confondre deux mécanismes. L’encadrement fixe des limites lors de la mise en location ou du renouvellement selon un loyer de référence. L’IRL, lui, sert à calculer la révision annuelle d’un loyer déjà prévu par un bail. Les deux règles peuvent coexister, mais elles ne répondent pas au même moment du contrat.
Bonnes pratiques pour bailleurs, locataires et professionnels
La meilleure manière d’utiliser l’indice de référence des loyers est de conserver une trace claire du calcul. Un propriétaire devrait indiquer l’ancien indice, le nouvel indice, le trimestre retenu, le loyer hors charges avant révision et le nouveau montant. Un locataire peut ainsi vérifier la hausse sans devoir reconstituer toute la méthode.
Pour éviter les erreurs, il est utile de garder une copie du bail, de noter la date de signature et de consulter uniquement les tableaux officiels. Une agence ou un administrateur de biens doit aussi veiller à ne pas appliquer automatiquement un mauvais trimestre à l’ensemble de ses mandats.
En pratique, l’IRL est à la fois un outil de sécurité juridique et un indice statistique. Il ne dit pas si un loyer est cher ou abordable, mais il fixe la règle de progression annuelle lorsque le bail le permet. Bien utilisé, il protège le locataire contre les hausses abusives et donne au bailleur un cadre fiable pour ajuster le loyer.
- IRL 145,78 : la formule simple pour réviser un loyer sans erreur - 15 juillet 2026
- Résidence principale et plus-value : les 5 ans, les justificatifs et les motifs impérieux qui décident de l’exonération - 15 juillet 2026
- Prix immobilier à Vannes : 4 174 €/m² de prix médian, avec des écarts marqués selon le bien et le quartier - 15 juillet 2026




